GPNet n’est pas l’intranet d’Air France. La confusion se lit partout, et elle vient de ce que les deux outils s’ouvrent avec le même identifiant. L’intranet de la compagnie s’appelle Intralignes : plannings, notes de service, communication interne, une partie du dossier RH. GPNet est une application distincte, avec son adresse à elle, gp.airfrance.fr, et un objet unique : les facilités de transport, autrement dit les billets à tarif personnel. Un salarié qui cherche son planning n’a rien à y faire.
Le portail sert les salariés d’Air France, les retraités de la compagnie et leurs ayants droit. Les personnels de Transavia France, filiale du groupe, passent par la même adresse pour réserver sur le réseau Air France. On ne s’y inscrit pas. Le compte existe parce que l’employeur l’a ouvert, et il s’éteint avec le droit qui le justifiait. Un agent d’escale employé par un prestataire, qui travaille pourtant dans le même terminal et sous la même enseigne, n’en a aucun.
- Adresse
- gp.airfrance.fr
- Éditeur
- Air France
- Pour qui
- salariés, retraités, ayants droit inscrits
- Ce qu'on y fait
- réserver un billet GP, tenir sa liste d'ayants droit
- Ce qu'on n'y trouve pas
- plannings, paie, notes de service
- Accès
- compte ouvert par l'employeur, aucune inscription libre
Intralignes, GPNet, application Air France : qui porte quoi
Quatre outils portent le nom de la compagnie et ne servent pas les mêmes personnes.
| Outil | Adresse | Pour qui | Ce qu’on y fait |
|---|---|---|---|
| Intralignes | aucune adresse publique | salariés d’Air France | plannings, notes de service, dossier RH |
| GPNet | gp.airfrance.fr | salariés, retraités, ayants droit | réserver un billet GP, gérer la liste des ayants droit |
| Application Air France | boutiques d’applications | tout le monde | acheter un vol, carte d’embarquement |
| Espace client Air France | airfrance.fr | tout le monde | réservations payantes, miles et statut Flying Blue |
L’application mobile est le point où les pages consacrées à GPNet se contredisent le plus franchement. Les unes annoncent une application dédiée, les autres affirment qu’il n’en existe aucune. Le catalogue Google Play tranche : AIRFRANCE S.A. y publie « Air France - Réserver un vol » et « Air France Press », et rien d’autre. Aucune application nommée GPNet. Le portail s’ouvre en revanche dans le navigateur d’un téléphone comme dans celui d’un ordinateur, ce qui rend la question sans objet. Ce qui se présenterait sous ce nom sur une boutique d’applications vient donc d’ailleurs, et lui confier un matricule et un mot de passe professionnels revient à les donner.
R1, R2, N1, N2 : ce que disent les lettres
GP abrège gratuité partielle. Le terme est employé tel quel dans une question écrite déposée à l’Assemblée nationale le 4 novembre 2008, qui parle des billets à gratuité partielle dont bénéficient les salariés d’Air France et avance le chiffre d’environ 1,5 million de billets émis en une année. Partielle, donc. Une réduction, parfois très forte, sur un billet qu’on paie quand même.
| Code | La place | Ce que ça change au départ |
|---|---|---|
| R1 | réservée | le voyage est calé, priorité haute entre billets réservés |
| R2 | réservée | passe après les R1 sur le même vol |
| N1 | non réservée | attente au comptoir, premier appelé s’il reste un siège |
| N2 | non réservée | attente au comptoir, appelé après les N1 |
La lettre dit si la place est acquise. Avec un R, elle l’est, et le voyage se prépare comme n’importe quel autre. Avec un N, elle ne l’est pas : le passager attend au comptoir et n’embarque que s’il reste un siège une fois les clients installés. Le chiffre départage les demandes lorsque plusieurs se présentent sur le même vol. Un aller vers Pointe-à-Pitre le 10 août en N2, c’est une journée d’aéroport et le vol du lendemain.
De là viennent la plupart des déceptions. La valeur d’un billet GP dépend du remplissage de l’avion bien plus que de son prix, et une famille de quatre sur un vol de vacances passe rarement d’un bloc.
Hors du réseau du groupe, ces billets ne servent à rien. Voler sur une autre compagnie relève des billets ZED, un dispositif d’accords bilatéraux entre transporteurs auquel les compagnies à bas coût participent rarement. La plupart des transporteurs européens gèrent d’ailleurs ces réservations sur myIDTravel, une plateforme mutualisée développée par Lufthansa Systems avec le forum ZED. Air France, elle, a gardé son outil maison sous son propre nom.
Se connecter à GPNet
Le portail GPNet s’ouvre dans un navigateur ordinaire, depuis n’importe quelle connexion. C’est ce qui le sépare d’Intralignes, qui suppose d’être sur le réseau de la compagnie ou derrière son accès distant. La page d’accueil se réduit à son nom et à deux champs.
- Saisir l’adresse gp.airfrance.fr en entier.
- Entrer le code d’accès, qui est le matricule, puis le mot de passe.
- À la première connexion, en choisir un personnel.
La liste des ayants droit se tient ensuite dans le portail, et c’est elle qui commande : elle ouvre le droit de réserver pour un proche, et elle se met à jour avant le voyage, jamais au comptoir d’enregistrement. Sans compte ouvert par l’employeur, il n’y a rien à tenter, et aucune démarche extérieure n’en fabrique un.
Quand la connexion échoue
| Ce qu’on constate | Ce que c’est le plus souvent |
|---|---|
| la page ne s’affiche pas du tout | le réseau utilisé filtre ce genre de portail, cas fréquent en wifi d’hôtel |
| le code d’accès est refusé | le compte n’est pas ouvert, ou ne l’est plus |
| le mot de passe est refusé à répétition | mot de passe arrivé à échéance, ou compte verrouillé après plusieurs essais |
| un ayant droit a disparu de la liste | les droits se recalculent sur le dossier RH, pas dans le portail |
| ça fonctionnait, ça ne fonctionne plus | fin de contrat ou fin du droit qui ouvrait l’accès |
Un essai en partage de connexion depuis un téléphone tranche entre les deux familles de cause : si la page s’affiche par là, c’était le réseau et pas le compte.
Reste ce que le portail fait mal. Sa page publique n’offre rien, pas un numéro, pas un formulaire, pas une ligne sur ce qu’elle protège ni sur qui joindre. Un ayant droit bloqué un dimanche soir n’a personne à appeler, et c’est le salarié titulaire qui devra saisir l’assistance interne le lundi. L’outil suppose qu’on a déjà un collègue à qui demander.
Le GP se retire, et le portail ne le dit nulle part
Les billets à tarif réduit d’Air France ne viennent pas de la convention collective du transport aérien, qui n’en prévoit aucun. Ils résultent d’une convention d’entreprise du 18 avril 2006, propre à la compagnie. La nuance a l’air théorique jusqu’au jour où elle décide de tout : c’est un avantage consenti par l’employeur, assorti de conditions, et ces conditions portent aussi sur la façon de se tenir à bord.
La Cour de cassation a eu à en juger. Un pilote de la compagnie voyageait sur un billet à tarif réduit, visiblement pris de boisson, et s’est comporté de manière déplacée envers une hôtesse et gênante pour les passagers voisins. Air France lui a retiré l’accès à ces billets pendant dix-huit mois. La sanction a été confirmée.
L’autre rappel vient de l’URSSAF. Un contrôle a requalifié les billets GP en avantage en nature à la fin des années 2000, et le sujet est remonté jusqu’à l’Assemblée nationale. La règle vaut pour toute remise qu’une entreprise consent à ses salariés sur ce qu’elle vend : sous 30 % du prix public toutes taxes comprises, elle échappe aux cotisations ; au-delà, elle devient un avantage en nature soumis à cotisations dans sa totalité. Une gratuité partielle franchit ce seuil par construction.
Le dossier ressort donc à chaque contrôle, et il concerne directement la feuille de paie de qui réserve. Pendant ce temps, la page d’accueil affiche son nom et ses deux champs.