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Recettes

Desserts au mascarpone, du plus rapide au plus long

Quatre desserts au mascarpone rangés par le temps qu’ils prennent, avec les quantités pour quatre personnes. Et la seconde où la crème graine : Felder, Michalak, Conticini et la recette déposée en 2010 ne la placent pas au même endroit.

Publié le 20 septembre 2026

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Les 3 sections de cette page
Crème au mascarpone à peine montée dans un saladier, fouet posé en travers, framboises et boudoir à côté

« Il me reste 200 g de mascarpone ouvert depuis hier soir, et je n’ai pas envie de faire un tiramisu. » La question arrive presque toujours dans cet ordre : le pot d’abord, le dessert ensuite. Comme le mascarpone ne demande aucune cuisson, c’est l’horloge qui tranche : un dessert au mascarpone se règle en dix minutes, ou attend une nuit au frais. Entre les deux, tout se joue sur un seul geste.

Le temps devant soiLe dessertPour quatreLa vraie difficulté
10 minutesCrème fouettée versée sur des fruits150 g de mascarpone, 230 g de crème entière, 30 g de sucres’arrêter à temps
15 minutesVerrines de mascarpone lissé au sucre glace100 g de mascarpone, 25 g de sucre glace, 80 g de crème, 1 œufséparer le blanc du jaune proprement
1 h 30, dont une heure au froidMousse montée, en coupe150 g de mascarpone, 150 g de crème, 60 g de sucre, 2 œufsne pas monter avant que ce soit glacé
une nuitTiramisu250 g de mascarpone, 3 jaunes, 125 g de sucre, 8 boudoirs, cafédoser le sucre

Dix minutes : le dessert au mascarpone le plus rapide, et la seconde où il graine

Un pot du commerce affiche 41 g de matière grasse pour 100 g. Une crème liquide entière en porte 30. Cet écart commande le reste : sous le fouet, les globules gras finissent par se souder, et plus il y en a, plus ce moment arrive tôt. Passé le point de bascule, on ne fabrique plus une mousse, on fabrique du beurre. La crème se couvre de petits grains, puis rend son eau.

On se fie à une trace plutôt qu’à un minuteur. Dès que le fouet laisse un sillon qui ne se referme pas, on arrête. Pas quand la masse devient compacte : à ce stade, c’est déjà passé.

Ça se rattrape, à une condition. Tant que la texture est seulement granuleuse, deux cuillerées de crème liquide très froide, incorporées à la maryse et jamais au batteur, la relissent. Dès que le petit-lait s’est séparé au fond du bol, rien ne revient.

Galbani, qui fabrique le mascarpone le plus vendu en France, donne 230 g de crème liquide pour 150 g de mascarpone. La crème est majoritaire. C’est elle qui encaisse le fouet.

Une demi-heure : trois pâtissiers, trois façons d’y mettre l’air

Christophe Felder, quinze ans chef pâtissier du Crillon, monte ensemble 450 g de crème à 35 % et 300 g de mascarpone, puis incorpore sa pâte à bombe à la feuille du robot. Son instruction, dans Pâtisserie ! L’ultime référence paru aux Éditions de La Martinière en octobre 2010, tient en cinq mots : « Le fouet casserait la texture aérienne. »

Christophe Michalak fait l’inverse. Dans Le gâteau de mes rêves, tout part dans la cuve d’un seul coup, mascarpone, crème, œufs et sucre, mélangé sans chercher à monter quoi que ce soit. Une heure au réfrigérateur. On monte seulement après. Le froid tient lieu de garde-fou.

Philippe Conticini, lui, fouette le mascarpone seul et énergiquement, avec 25 g de sucre glace pour 100 g de fromage. Mais il le fouette pour le lisser, pas pour le monter : la crème est montée à part, et rejoint le mélange à la maryse.

MascarponeCrème liquidePart de crèmeCe qui reçoit le fouet
Recette déposée, 20101 kgaucune0 %les jaunes et le sucre
Conticini100 g80 g44 %la crème, à part
Michalak150 g150 g50 %le tout, une fois glacé
Felder300 g450 g60 %la crème et le mascarpone ensemble

Une nuit au frais : le tiramisu déposé chez un notaire

Le 15 octobre 2010, trois délégués de l’Accademia Italiana della Cucina déposent à Trévise, chez Me Lorenzo Ferretto, l’acte n° 7947. Il contient la recette du tiramisù servi aux Beccherie, le restaurant de Trévise où le dessert est né à la fin des années 1960.

Elle tient en une ligne : 12 jaunes, 500 g de sucre, 1 kg de mascarpone, 30 boudoirs trempés au café, du cacao. Pour quatre parts : 3 jaunes, 125 g de sucre, 250 g de mascarpone, 8 boudoirs. Ni crème liquide, ni blancs montés, ni gélatine, ni alcool. Et 50 g de sucre pour 100 g de mascarpone, contre 40 chez Conticini comme chez Michalak : la version officielle est la plus sucrée.

Les quatre divergent parce qu’ils ne fabriquent pas le même objet. Le texte déposé code un dessert de restaurant, monté le matin et servi le soir. Felder écrit une crème d’entremets qui doit tenir plusieurs heures à la découpe, et il la charge de gélatine. Plus une crème doit tenir, plus elle contient de crème liquide. Le mascarpone seul donne la texture la plus dense et la préparation la plus courte. C’est aussi celle qui pardonne le moins un batteur laissé en marche.

Galbani donne trois jours après ouverture, entre 3 et 6 °C, pot refermé : le mascarpone prend les odeurs du réfrigérateur, et un dessert les rend plus qu’une préparation salée.

    Et après

    La suite du repas