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Recettes

Article de fond

Par quoi remplacer un ingrédient qui manque : crème fraîche, feta

Le tableau des substitutions : par quoi remplacer la crème fraîche, la crème liquide, la sauce soja, la fécule, la feta et l'origan, en quelle proportion, et lesquelles ratent à la cuisson.

Publié le 10 août 2026

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Les 3 sections de cette page
Un pot de crème fraîche entamé, un bol de fromage blanc et une boîte de fécule posés sur un plan de travail en bois

Une substitution rate presque toujours pour la même raison : on cherche un ingrédient qui ressemble, au lieu d’un ingrédient qui fait le même travail.

Chaque ingrédient tient un rôle dans sa recette, souvent un seul. La crème fraîche apporte du gras et de l’onctuosité, la fécule lie, la sauce soja sale et donne du fond. La feta, elle, doit surtout tenir en cubes. Nommez ce rôle avant d’ouvrir le placard : le remplaçant qui l’assure passera, celui qui a seulement la même couleur vous laissera devant une sauce tournée.

Deux situations sortent de cette page. Les évictions médicales, allergie ou intolérance, où c’est l’étiquette qui décide et pas la texture. Et la pâtisserie de précision : une ganache, une génoise, ça se recalcule, ça ne se bricole pas à 19 h.

Le tableau des substitutions

Sauf mention contraire, les équivalences se lisent à quantité égale, en poids pour les produits épais et en volume pour les liquides. La colonne de droite dit ce que le remplacement change dans l’assiette.

Ce qui manqueLe remplaçantProportionCe que ça change
Crème fraîche épaisseFromage blanc à 8 %1 pour 1Plus acide. Tranche si ça bout
Crème fraîche épaisseMascarpone détendu au lait100 g + 2 c. à s.Plus gras, plus doux
Crème fraîche épaisseRicotta mixée1 pour 1Granuleuse si on saute le mixeur
Crème liquide entièreLait + beurre fondu8 cl + 20 g pour 10 clNappe et lie. Ne monte pas
Crème liquide entièreLait + fécule de maïs20 cl + 1 c. à s. raseÉpaissit à l'ébullition, pas avant
Crème liquide entièreCrème de soja ou d'avoine1 pour 1Tranche avec le citron et le vin blanc
Crème à fouetterCrème de coco solide1 pour 1Monte. Goût de coco franc
Sauce sojaTamari1 pour 1Presque identique, sans blé
Sauce sojaAminos de coco1 pour 1Trois fois moins salé, un peu sucré
Fécule de maïsFarine de blé2 pour 1Sauce opaque, cuisson plus longue
Fécule de maïsFécule de pomme de terre1 pour 1Se relâche si l'ébullition dure
FetaBrebis en saumure1 pour 1À peine plus doux
FetaChèvre frais1 pour 1S'écrase au lieu de tenir en cubes
Origan séchéMarjolaine séchée1 pour 1Plus floral, moins poivré
Origan séchéThym séché2 pour 3Résineux, prend le dessus

Remplacer la crème fraîche et la crème liquide

Deux produits, deux métiers. L’épaisse s’ajoute à froid ou en fin de cuisson, et son travail est l’onctuosité. La liquide entière réduit, nappe et monte en chantilly.

La matière grasse commande le reste. Le mot « crème » est réservé depuis 1980 au lait qui titre au moins 30 g de gras aux 100 g ; entre 12 et 30 g, l’étiquette doit écrire « crème légère ». En dessous de 30 %, la chantilly devient impossible. Ce sont les globules gras qui s’accrochent aux bulles d’air et tiennent la mousse : une allégée à 15 % ne montera pas, même glacée, même fouettée un quart d’heure. Aucune astuce ne rattrape ça.

Le fromage blanc et le yaourt nature reprennent le rôle de l’épaisse au poids, à une condition : ne pas bouillir. Leurs protéines coagulent vers 85 °C, l’acidité accélère la casse, et la sauce devient granuleuse. On les incorpore hors du feu. Si la préparation doit mijoter quand même, une cuillère à café rase de fécule pour 100 g de yaourt la stabilise.

Le mascarpone titre environ 40 % et donne le résultat le plus proche, détendu avec deux cuillères de lait. C’est aussi la meilleure façon de finir un pot entamé, dont on trouvera d’autres emplois rapides.

Côté liquide, 8 cl de lait et 20 g de beurre fondu reconstituent 10 cl, soit 100 ml, de quoi napper. Le beurre ne reforme pas les globules d’une vraie crème : ce mélange lie une sauce et ne montera jamais. Le lait de coco s’échange volume pour volume, mais il impose son goût, excellent dans un curry, discutable dans une quiche.

Sauce soja, fécule de maïs, feta, origan

La sauce soja

Elle fait deux choses : saler fort, autour de 14 g de sel aux 100 ml, et poser l’umami de la fermentation. Le tamari est le seul remplaçant qui assure les deux, à dose égale et sans blé. Les aminos de coco tombent vers 90 mg de sodium à la cuillère à café contre 290 pour le soja. Il faudra rectifier au sel. La sauce Worcestershire dépanne à demi-dose, anchois compris.

La fécule de maïs

Elle se délaye dans un liquide froid, toujours. La farine la remplace à double dose, avec deux minutes de cuisson en plus, sinon le goût de cru reste ; la sauce vire à l’opaque. La fécule de pomme de terre s’échange à dose égale mais se relâche si l’ébullition dure. Une sauce liée à la fécule supporte mal le congélateur : elle rend son eau au réchauffage, comme d’autres préparations qu’on croit congelables.

La feta

Brebis, jusqu’à 30 % de chèvre, affinage en saumure. L’appellation est grecque et protégée depuis 2002 : le brebis en saumure vendu sous un autre nom au rayon frais est donc le remplaçant exact, au poids. La feta ne fond pas, elle ramollit : c’est ce qui lui permet de tenir en cubes sur des légumes rôtis. Le chèvre frais, lui, s’écrase et rend la salade laiteuse. La mozzarella file. Elle change le plat plutôt qu’elle ne le sauve.

L’origan

À l’inverse des autres herbes, il vaut mieux séché que frais : le séchage concentre ses huiles. Compter trois doses de frais pour une de séché. La marjolaine, sa cousine, s’échange à dose égale, en plus floral. Le thym passe aux deux tiers. Les herbes de Provence dépannent, si on accepte que le romarin prenne la tête du plat.

Et après

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