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Divertissement

Ville du Japon en 3 lettres : ISE, ASO, EDO, TSU et laquelle choisir

ISE si la définition ne dit rien de plus, TSU sur la baie d'Ise, ASO pour le volcan, EDO quand la grille parle du passé. Les sept villes du Japon en 3 lettres, avec le mot-signal qui désigne chacune.

Publié le 3 novembre 2026

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Les 10 sections de cette page
Un crayon et une gomme posés sur une grille de mots croisés vierge, sur une table en bois

Une liste de quinze villes japonaises en trois lettres ne remplit aucune grille. Devant une définition, quatorze de ces quinze réponses sont fausses en même temps, et la liste ne dit pas laquelle garder. Ce qui tranche, c’est le mot que l’auteur a posé à côté de « ville » : sainte, port, volcan, thermale, jadis. Chacun désigne une réponse, et une seule.

Quand la définition se limite à « ville du Japon » et que rien d’autre n’oriente, la réponse à écrire est ISE. C’est de très loin celle qui revient le plus dans les grilles françaises. ASO et EDO la suivent, mais toutes deux demandent un signal supplémentaire dans la définition. TSU tombe dès qu’apparaissent la baie d’Ise ou la préfecture de Mie.

Les lettres déjà posées, à leur place dans la case. Laissez vide ce que vous n'avez pas encore.

    Pourquoi ces sept-là et pas les huit autres

    Le Japon compte une quinzaine de communes dont le nom romanisé tient en trois lettres. Ako, Ena, Ina, Oda, Ogi, Ono, Ota et Yao existent toutes, sur une carte comme dans un annuaire postal. Elles ne servent presque jamais.

    La raison tient au métier de celui qui fabrique la grille. Une réponse doit se déduire d’une définition vérifiable, sinon le joueur crie au scandale. Or une ville sans sanctuaire fameux, sans volcan, sans thé ni source chaude n’offre rien à écrire d’autre que « ville du Japon », ce qui la rend interchangeable avec les quatorze suivantes. Les sept retenues ici portent chacune un mot-signal, et c’est ce mot qui les sépare.

    Deux de ces recalées apparaissent pourtant très souvent en grille, sous une autre casquette. ONO y désigne Yoko bien plus que la commune de Fukui. ENA y est l’école d’administration, jamais la ville de Gifu. Écrire l’une ou l’autre en pensant au Japon revient à trouver la bonne case pour la mauvaise raison, et le coin de grille s’écroule à la vérification suivante.

    ISE, dès qu’il est question de sacré

    Idéale pour : « ville sainte du Japon », « pèlerinage nippon », « centre shinto », et toute définition qui n’en dit pas davantage.

    Ise est dans la préfecture de Mie et comptait 122 765 habitants au recensement de 2020. Elle abrite le sanctuaire d’Ise, dédié à Amaterasu, la déesse du soleil, qui a reçu un peu plus de neuf millions de visiteurs en 2019. Le chemin de pèlerinage qui la relie aux sanctuaires de Kumano, 160 kilomètres plus au sud, est inscrit au patrimoine mondial depuis 2004. Aucune autre ville japonaise de trois lettres ne peut prétendre au mot « pèlerinage ».

    Sa faiblesse est historique. La ville ne s’appelle Ise que depuis 1955 : avant, c’était Ujiyamada, née en 1889 de la fusion des bourgs d’Uji et de Yamada. Une définition qui parle d’ancienne capitale ou de ville d’autrefois ne la vise donc jamais. Et « sur la baie d’Ise » ne la vise pas non plus, pour une raison de règle : une définition ne contient jamais sa propre réponse.

    ASO, la ville que les grilles traitent en volcan

    Idéale pour : « cracheur de feu nippon », « caldeira japonaise », « ville au pied d’un volcan ».

    Aso est une commune de la préfecture de Kumamoto, sur l’île de Kyushu, installée à l’intérieur même de la caldeira du mont qui lui donne son nom. Environ 25 000 habitants sur 376 kilomètres carrés, soit une densité de village.

    C’est la deuxième réponse la plus fréquente des grilles françaises, et pourtant elle y est presque toujours définie comme un volcan. L’explication est administrative : Aso n’a le statut de ville que depuis 2005, date de la fusion qui l’a créée. Tous les dictionnaires de mots croisés antérieurs ne connaissent donc que le volcan et sa caldeira, et les auteurs formés sur ces dictionnaires continuent de la définir ainsi. Conséquence pratique : sur une définition purement urbaine, sans feu ni cratère, ASO reste possible mais improbable.

    EDO, la seule réponse quand la grille parle du passé

    Idéale pour : « Tokyo jadis », « vieux Tokyo », « la capitale des shoguns ».

    Edo n’est plus une ville. C’est ce qui la rend commode à définir. Tokyo a porté ce nom jusqu’en 1868, année où l’empereur y a installé sa cour et rebaptisé la place capitale de l’Est. Le même mot désigne l’époque qui va de 1603 à 1868, celle des Tokugawa, ce qui multiplie les portes d’entrée pour un auteur de grille. Les listes de villes japonaises l’oublient presque toutes, puisqu’elle ne figure sur aucune carte actuelle. Les cruciverbistes, eux, la connaissent par cœur.

    Le défaut est l’exact miroir de l’avantage. Sur une définition au présent, EDO est faux, et un joueur pressé qui l’écrit bloque tout un coin de grille.

    TSU, la baie d’Ise et le nom d’une seule syllabe

    Idéale pour : « sur la baie d’Ise », « ville de Mie », « chef-lieu japonais ».

    Tsu est le chef-lieu de la préfecture de Mie, 266 000 habitants, posé sur la côte ouest de la baie d’Ise, à 92 kilomètres à l’est d’Osaka. Son nom s’écrit d’un seul caractère et se prononce d’une seule syllabe. Ce caractère signifie « port », ce que la ville était déjà au XIe siècle sous le nom d’Anotsu, quand les pèlerins en route vers le sanctuaire d’Ise y faisaient étape. Le séisme de 1498 a détruit ses installations ; il a fallu attendre 1568 et la reconstruction du château par Oda Nobunaga pour que la place reparte.

    C’est le couple baie d’Ise et Mie qui la désigne, à peu près rien d’autre. Hors de ce couple, Tsu n’a aucun signe distinctif qu’un auteur français puisse évoquer sans devenir obscur. Sur une définition nue, ISE passe donc avant.

    UBE, quand la définition dit port ou usine

    Idéale pour : « port japonais », « ville de Yamaguchi ».

    Sur la pointe ouest de Honshu, face à la mer intérieure de Seto, Ube compte 154 000 habitants. Ville de charbon puis de chimie, elle a si mal respiré après la guerre qu’elle en a tiré un modèle de gestion de l’air, distingué en 1997 par le programme des Nations unies pour l’environnement. Elle se présente depuis comme la ville du vert, des fleurs et des sculptures : son parc Tokiwa en aligne près d’une centaine sur 188 hectares.

    Sur le mot « port », la concurrence est rude, et pas seulement en trois lettres. Kobe en fait quatre, Osaka cinq, et Tsu lui dispute les trois cases avec un argument étymologique imparable. UBE ne s’impose vraiment que si la définition ajoute Yamaguchi, l’industrie ou le charbon.

    ITO, la définition thermale

    Idéale pour : « ville thermale japonaise », « station d’onsen », « ville de Shizuoka ».

    Les 68 000 habitants d’Itō vivent des sources chaudes et des plages, sur la côte est de la péninsule d’Izu, au bord de la baie de Sagami, à un peu plus d’une heure de Tokyo. En 1604, le navigateur anglais William Adams y a construit les premiers navires de type occidental jamais assemblés au Japon ; aucune grille n’a jamais rien fait de ce détail.

    Son ennui est typographique. L’accent long tombe en français, et ITO devient alors un patronyme japonais extrêmement répandu. Sans mention du thermalisme ou de Shizuoka, la définition reste ambiguë, et les auteurs préfèrent souvent l’éviter.

    UJI, le thé

    Idéale pour : « ville du thé au Japon », « ville proche de Kyoto ».

    Au sud de Kyoto, dans une vallée qui produit les matcha et les gyokuro les plus cotés du pays, Uji compte 175 000 habitants. Deux de ses monuments sont au patrimoine mondial : le sanctuaire Ujigami et le Byōdō-in, dont le pavillon du Phénix figure sur la pièce de dix yens. Son pont, lui, est daté de 647.

    Reste une ambiguïté qu’aucune autre entrée de cette liste ne présente. Uji est aussi le nom de l’un des deux bourgs fondus en 1889 pour former Ujiyamada, devenue Ise. Une définition qui rapproche Uji du sanctuaire d’Ise met donc deux réponses de cette liste sur la même case, et seules les lettres croisées tranchent.

    Trois cases, du japonais, et pourtant pas une ville

    La définition sent le Japon, elle demande trois lettres, et la réponse n’est pas une ville du tout. C’est le genre de case qu’on relit quatre fois.

    Le cas le plus fréquent est monétaire. « Il circule au Japon » en trois lettres donne YEN, ou SEN dans les grilles anciennes : le sen valait un centième de yen et a été retiré de la circulation en 1953, en même temps que le rin. Le reste du japonais de mots croisés tient en une poignée de mots, et ils reviennent tous.

    La définitionLa réponse
    Il circule au JaponYEN, ou SEN
    Ceinture de kimonoOBI
    Théâtre japonais classiqueNOH
    Plongeuse en apnéeAMA
    Carpe de bassinKOI
    École bouddhiqueZEN

    Quand on recompte et qu’il y a quatre cases

    Le format à trois lettres est étroit, et il arrive qu’on se soit trompé d’une case en lisant la grille. Le Japon devient alors nettement plus généreux.

    CasesVilles japonaises qui reviennent en grille
    4KOBE, NARA, GIFU, OITA, SAGA, OTSU, MITO, KURE, NAHA
    5TOKYO, KYOTO, OSAKA, CHIBA, AKITA, OTARU, BEPPU, SAKAI
    6NAGOYA, SENDAI, AOMORI, NAGANO, SASEBO, NARITA
    7SAPPORO, FUKUOKA, OKAYAMA, NIIGATA, NAGAOKA, MURORAN

    À partir de six lettres, la difficulté s’inverse. La réponse ne manque plus ; c’est la définition qui doit devenir assez précise pour n’en désigner qu’une, et l’auteur se retrouve à écrire « ville du Kyushu bombardée en 1945 » là où trois cases lui suffisaient. Le format court reste donc le plus employé, avec quatre ou cinq noms qui couvrent presque tous les besoins.

    Et après

    La suite du repas